SUP trip en Inde : à la recherche d’un mascaret avec Ludo Dulou et Greg Rabejac

reportage - 31-12-2019

Véritable ‘’pays-continent’’ d’une immense richesse culturelle et dont la démographie dépasse le milliard d’habitants, l’Inde est une destination fascinante mais finalement assez peu convoitée des surfeurs et des rameurs. Ce tableau ne manqua pas de séduire nos ambassadeurs, le waterman Ludovic Dulou, et son ami photographe Greg Rabejac. Ils nous livrent en deux chapitres le récit de ce voyage exceptionnel. Découvrez la première partie à la recherche d’un mascaret jamais surfé…

 

Pourquoi avoir choisi l’Inde ?

 

Ludo : « Lorsque je voyage, je recherche avant tout les vraies expériences, l’enrichissement et l’apprentissage de soi. J’ai voyagé auparavant au Népal, au Pakistan, au Sri Lanka mais jamais en Inde. J’aime cette culture qui est en « opposition » avec la nôtre. L’Inde c’est un autre monde pour nous, “occidentaux”. C’est un pays fantastique où tout est spectaculaire et mystique.

 

Greg : « L’Inde est un des pays les plus méconnus par rapport au potentiel de glisse et au niveau des vagues, océan comme mascaret… Pourtant, le potentiel est immense : des milliers de kilomètres de côtes, plutôt propices aux vagues et une constellation de deltas immenses favorisant l’apparition d’un potentiel mascaret… Si on rajoute le côté humain, les différentes ambiances de l’Inde, la richesse et la diversité des religions, des paysages, des Ethnies… Le potentiel pour un beau voyage d’exploration nous paraissait évident ! »

 

Voyage Inde

 

 

 

 

 

 

L’Inde a la réputation d’une destination forte et intense, avec un vrai choc culturel pour les occidentaux. À quoi vous attendiez-vous ?

 

Ludo : « On savait que ça ne serait pas facile. Les indiens veulent vous satisfaire, et répondent toujours « oui » à toutes nos questions, ce qui rend la tâche très ardue. En plus, en tant « qu’occidentaux », vous ne pouvez pas accéder à certains services, car ils ne veulent pas prendre de risques ! Ils sont très conditionnés par rapport aux lois. Je vous donne un exemple : il était impossible et même interdit de mettre nos planches de SUP sur le toit des voitures ! Mais paradoxalement, j’observais des camions benne de 20 tonnes qui roulaient à contre sens sur de grands axes routiers, avec des dizaines de personnes, dont des enfants, en haut de la benne et sans aucune sécurité…

À force de négociations et d’explications, on a fini, au bout de 10 jours, à pouvoir mettre nos planches sur le toit de la voiture, pour couvrir 800 km et explorer une zone maritime très intéressante ! »

 

Greg : « Nous savions que Calcutta ne serait qu’une étape, et cela s’est très rapidement confirmé… Dès notre premier repérage, sur les rives du fleuve de cette mégalopole, nous avons été marqués par le niveau de pollution, et le fait qu’il nous fallait absolument nous échapper de cette fourmilière humaine… Heureusement, la campagne n’est jamais très loin en Inde, et après quelques heures de route (un peu folles), nous avons découvert une version de l’Inde plus attirante, plus saine, avec un fleuve qui nous semblait enfin plus propre ! »

 

Inde Population

 

 

 

 

 

Comment s’est passé la recherche du mascaret ?

 

Ludo : « Rien n’est simple et facile en Inde. Pour commencer, le réseau routier : pour faire 20 km, cela peut prendre 4 heures ! Ils ne savent pas vraiment ce qu’est le Mascaret, sauf les pêcheurs et ceux qui travaillent pour fixer les abords du fleuve. On a donc pris nos SUP Oxbow et on a ramé des kilomètres sur le fleuve. C’était même notre moyen de déplacement pour aller en ville ! Nous avons finalement trouvé le graal : le Mascaret que nous avons découvert n’était pas gros mais nous avons eu de belles glisses sur plus de 2 km. On aurait aimé l’avoir un peu plus consistant, mais c’était vraiment une expérience unique ! Les pêcheurs nous ont vu et nous avons réussi à avoir de vrais échanges avec eux, car ils étaient surpris de nous voir là, avec nos planches et nos pagaies ! »

 

Greg : « On a atterri au beau milieu de l’Inde profonde, là où tout est compliqué… Tout prend du temps et cela devient une leçon de tolérance, d’acceptation et de bienveillance… C’était compliqué de trouver des personnes qui parlent bien anglais, puis d’arriver à rencontrer des gens qui connaissent le phénomène du mascaret… Cela donnait lieu à des discussions interminables mais magiques en un sens, nous rappelant l’écart de nos deux mondes. De plus, il n’y avait pas de bateau vraiment adapté pour une exploration par le fleuve, c’est donc en pick-up et en stand up paddle que nous avons exploré cette zone.

Dans chaque village et chaque port, nous sommes allés à la pêche aux infos sur le mascaret : la plupart du temps, sans véritable résultat… Mais parfois, nous tombions sur la bonne personne, celle qui est capable de nous aider vraiment pour le débusquer… Malgré toutes ces étapes vaines, jamais nous n’avons regretté un seul arrêt dans ces villages : à chaque fois, notre passage devenait un événement et déclenchait un moment magique ! »

 

 

 

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